Résumé de la thèse de David LE BRIS

Les actions françaises depuis 1854 : analyses et découvertes

 Université d’Orléans

 

David Le Bris a collecté environ 200 000 données sur les actions françaises entre 1854 et 1988 pour construire un indice de performances.

Différents biais qui surestimaient la rentabilité dans les indices français existants sont identifiés. D’autres probables cas  à l’étranger sont présentés.

Sur le long terme, les actions offrent une meilleure rentabilité que les autres actifs mais sans prime particulière.

Par rapport aux actions américaines, les françaises sous-performent y compris durant les périodes de paix.

Le marché est très sensible aux changements de gouvernements et surperforme sous ceux de gauche.

Une nouvelle méthode de détection des krachs est proposée. Elle identifie des krachs cohérents avec l’histoire.

Les entreprises de services dominent la capitalisation boursière de manière quasi-continue depuis 1854.

La rationalité des investissements en emprunts russes avant 1914 est démontrée grâce à une optimisation de portefeuille parmi les actifs français (action, obligation, rente) et huit emprunts d’Etats étrangers.

Une nouvelle méthode de décomposition du bénéfice de diversification est proposée ; les investisseurs français étaient attirés par la faible corrélation plus que par les rentabilités étrangères supérieures avant 1914.

Les actions françaises et américaines présentent une hausse de corrélation sur le long terme probablement suivant l’intégration des économies. Ainsi, l’incitation à diversifier internationalement a baissé.

Le risque de marché enregistre une forte hausse durant l’entre-deux-guerres et le niveau pré-1914 n’est jamais retrouvé. Il semble lié à la fin du Gold Standard, à l’inflation et aux déficits publics.

Conséquence de la hausse de ce risque commun, la corrélation entre actions françaises augmente, réduisant l’effet de diversification domestique ; à l’ opposé un « super effet portefeuille » est identifiée avant 1914.

 

 

Résumé du Mémoire présenté par Mathieu ST-ONGE

La métamorphose des fonds de pension dans le contexte de la financiarisation du capitalisme avancé : le cas du Canada

Université du Québec à Montréal

 

Ce mémoire s'intéresse à la métamorphose des fonds de pension en tant qu'organisations financières dont les activités de placement s’ont destinées à l'accumulation d 'un revenu de retraite. Cette métamorphose est réfléchie dam le cadre d'une analyse de la financiarisation du capitalisme avancé. La financiarisation est définie comme un processus social via lequel la finance tend à encastrer sa propre logique au sein de 1a régulation de l’activité économique des sociétés contemporaines. Les fonds de pension jouent un rôle moteur au sein de ce processus en raison de leur capacité organisationnelle à centraliser l'épargne salariale et à la convertir en investissement sur les marchés financiers, nous observons d'une part.

Qu’en s'accaparant une portion importante des actions émises par les entreprises ainsi que des titres de créance des Etats, les fonds de pension ont acquis une puissance financière considérable leur permettant d'influencer le fonctionnement normal de l'économie. D'autre part. nous relevons que ce développement financier des fonds de pension semble se construire en opposition avec leur objectif premier de financer les retraites des salariés. Ainsi, à partir du cas canadien, cette recherche s'intéresse plus spécifiquement aux transformations qui animent les fonctions d'intermédiation financière et de protection sociale des fonds de pension dans le contexte de leur montée en puissance.

Celle-ci est d'abord située (chapitre I) clans un cadre théorique macro-institutionnel où nous démontrons que le redéploiement de la finance dans l'économie s'appuie en grande partie sur le travail d'intermédiation effectue par ces fonds entre l'épargne, les marchés financiers  et les industries. Une revue de la littérature scientifique vient ensuite préciser notre problématique en dégageant les conséquences paradoxales du développement financier des fonds de pension sur le salariat. Apres avoir posé ces premiers repéré" utiles à 1a compréhension de notre objet de recherche. nous produisons au chapitre II une analyse socio-historique du développement des fonds de pension au Canada.

Celle-ci prend la forme d’une typologie historique à travers laquelle s’ont reconstituées empiriquement les principales phases ayant ponctué le procès  d’institutionnalisation des fonds de pension au sein de 1a société canadienne. Et ce,  tant sur le p1an financier que sur le plan de 1a protection sociale. Nous proposons finalement au dernier chapitre une interprétation sociologique de la détérioration de 1a qualité de la protection sociale fournie par les fonds de pension. En nous appuyant sur une analyse détaillée de l'intrusion du risque financier au sein de la structure institutionnel et organisationnelle des fonds de pension canadiens. Nous tentons de démontrer que ces derniers obéissent maintenant à la logique de la spéculation financière au détriment de 1a logique de la protection sociale.

Prix 2013 Prix 2011