06.10.2017

La Pologne revient en arrière sur l’âge de la retraite

Comme dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest et dans la totalité des pays d’Europe centrale et orientale, l’âge de la retraite en Pologne était inférieur pour les femmes à celui applicable aux hommes.

Une situation contraire à la conception de l’égalité entre les hommes et les femmes en droit européen, à laquelle s’ajoute le discours européen sur la nécessité de relever les âges de la retraite pour compenser les conséquences croissantes de la dénatalité. Sur ce sujet l’Union européenne est absente, alors qu’elle est très présente sur les questions de retraite.

Comme les autres pays concernés, la Pologne avait entrepris d’aligner progressivement l’âge de départ des femmes sur celui des hommes et de relever l’âge de la retraite. Partant de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, il devait atteindre 65 ans pour les femmes et 67 ans pour les hommes en 2019, puis 67 pour les deux sexes vers 2040.
L’actuel gouvernement polonais a décidé de revenir à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, s’attirant le 12 septembre dernier un « avis motivé » de la Commission européenne, avis qui devrait normalement être suivi d’une procédure d’infraction si la Pologne n’obtempère pas. Le syndicat Solidarnosc a écrit à la Commission pour souligner que cette différence ne constituait pas une discrimination mais un « privilège dont bénéficient les femmes en Pologne ».

Cette affaire illustre le télescopage entre des époques aux mentalités différentes, des profils de carrière évoluant au fil des générations, la dérive juridique qui transforme des grands principes philosophiques en droit positif et l’extension du droit européen qui, il y a vingt ans, sauf unanimité des Etats membres, laissait chaque gouvernement libre d’agir comme il l’entendait en matière de sécurité sociale de base.

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