Niveau de vie des retraités

 

Montant des retraites versées

En 2004, les retraités âgés de 60 ans ou plus1 disposaient en moyenne d’un montant total de pension brute de 15 500 euros par an.

Ce montant moyen a augmenté de 4,6% en euros constants2 entre 2000 et 2004. Pourtant, les pensions de la plupart des régimes sont revalorisées en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation (régimes général et alignés depuis 1994, Fonction publique depuis 2004) et n’ont augmenté que de 0,2% en euros constants entre 2000 et 2004.

Comment le montant moyen de l’ensemble des pensions a-t-il pu augmenté malgré cela ?

Tout simplement parce que le montant moyen des nouvelles pensions liquidées est plus élevé que celui de l’ensemble des pensions en cours de service. Ceci en raison de l’adoption de règles plus favorables pour le calcul des pensions (réforme Boulin de 1971, validation des périodes de chômage, montée en charge de l’assurance vieillesse de parents au foyer,…) et de carrières plus longues, en particulier pour les femmes. A terme, sous l’effet des réformes plus récentes destinées à réduire l’augmentation des coûts, ce phénomène devrait disparaître, voir s’inverser.

 

Evolution comparée des revalorisations CNAV, ARRCO, AGIRC et des prix

AnnéesTaux de revalorisation des pensions CNAVAccroissement moyen des valeurs de points des caisses ARRCOAccroissement de la valeur du point AGIRCTaux d’accroissement de l’indice des prix
1990

3,43%

4,11%

3,00%

3,37%

1991

2,77%

3,72%

4,11%

3,21%

1992

2,32%

3,49%

2,89%

2,42%

1993

2,24%

2,14%

2,72%

2,08%

1994

1,94%

0,52%

0,00%

1,67%

1995

1,48%

0,80%

0,00%

1,73%

1996

2,23%

1,76%

1,50%

1,97%

1997

1,27%

0,60%

0,50%

1,23%

1998

1,11%

1,10%

0,00%

0,66%

1999

1,19%

0,97%

0,40%

0,54%

2000 (1)

0,50%

0,83%

0,00%

1,60%

2001

2,20%

1,63%

1,72%

1,58%

2002

2,20%

1,68%

1,78%

1,78%

2003

1,60%

1,60%

1,60%

1,90%

2004

1,70%

1,72%

1,72%

1,70%

2005

2,00%

1,95%

1,95%

1,80%

2006

1,80%

1,74%

1,74%

1,69%

2007

1,80%

1,69%

1,69%

1,80% (2)

Source : ARRCO
(1) A compter de 2000, l’indice des prix concerne celui hors tabac conformément à l’accord du 10 février 2001.
(2) Taux provisoire.

 

Des niveaux de pensions différents selon le genre et les catégories socio-professionnelles

Les 10% de retraités les plus modestes recevaient légèrement plus de 4 900 euros annuels et, à l’opposé, les 10% les plus aisés bénéficiaient de plus de 28 100 euros, soit un rapport de 1 à 5,7. Cette disparité entre les niveaux de pension est le reflet des différences de salaires d’activité, des règles appliquées par chacun des régimes de retraite et des durées de carrières professionnelles.

  • Entre les genres : avec 12 200 euros en moyenne, les retraites des femmes sont inférieures de 38% à celles des hommes (19 600 euros). Les femmes retraitées ont eu des carrières plus brèves mais aussi souvent moins bien rémunérées que les hommes : hors avantages annexes, les femmes retraitées ont une retraites deux fois plus faible que les hommes retraités (8 900 euros et 19 000 euros). La prise en compte des avantages annexes (réversion, majoration pour enfants, minimum vieillesse) atténue ces écarts. Les avantages additionnels augmentent ainsi le montant moyen de l’avantage de droit direct de 5% pour les hommes et de 36% pour les femmes. Les allocations du minimum vieillesse ne représentent en moyenne qu’un supplément marginal par rapport à l’avantage principal : 0,5% pour les hommes et 1,2% pour les femmes (voir encadré sur le minimum vieillesse). Elles sont cependant essentielles pour les 600 000 retraités qui n’ont aucun droit propre à retraite et ne reçoivent que le minimum vieillesse (souvent des femmes n’ayant jamais travaillé et percevant uniquement des pensions de réversion).

  • Entre les catégories socioprofessionnelles : pour les salariés, la retraite est plus élevée pour les fonctionnaires civils de l’Etat que pour les salariés du privé, résultat d’un niveau moyen de qualification plus élevé dans la Fonction publique. Mais, à statut comparable, les retraites sont à peu près équivalentes. En revanche, la pension de droit direct des salariés est deux fois supérieure à celle des non salariés (hors professions libérales). Seuls les retraités ayant exercé une profession libérale constituent une exception puisque leur retraite est en moyenne plus élevée que celle perçue par les salariés.


Niveau de vie des ménages retraités et des ménages actifs

En 2004, le montant moyen de la retraite brute était donc de 15 500 euros alors que celui des revenus bruts d’activité pouvait être estimé à 26 700 euros3. Peut-on en déduire pour autant que les retraités ont un niveau de vie inférieur de plus de 40% à celui des actifs ? En fait, la comparaison des seules retraites brutes et des revenus d’activité n’est pas suffisante. Pour connaître et comparer les niveaux de vie réels, il faut également prendre en compte les prélèvements sociaux, les autres revenus mais aussi la composition des ménages dans lesquels retraités et actifs vivent.

  • Les prélèvements sociaux pesant sur les revenus des actifs s'élèvent à plus de 20% tandis que les prélèvements sociaux sur les retraites se montent à environ 7%.  Cependant, en 2004, 45% des retraités étaient exonérés de prélèvements CSG et CRDS et 9% soumis à une CSG à taux réduit du fait de leur faible revenu. Selon les calculs du Conseil d’Orientation des Retraites, le montant moyen de la retraite nette représentait ainsi 75% de celui des revenus nets d’activité en 2004.

Prélèvements sociaux sur les retraites
(au 01/01/2005)

Cotisation assurance maladie

3,20%

Contribution sociale
généralisée (CSG)

Taux plein

6,60%

Taux minoré

3,80%

Contribution pour le remboursement
de la dette sociale (CRDS)

0,50%

Source : CNAV

  • La part des revenus autres que les revenus d’activité ou les pensions est plus élevée en moyenne pour les ménages de retraités que pour les ménages d’actifs. En particulier, la part des revenus du patrimoine s’élève à plus de 7% pour les ménages retraités contre 3% pour les autres ménages.
  • La taille des ménages retraités est inférieure à celle des ménages actifs (plus de 3 personnes en moyenne avant 60 ans contre moins de 2 après).

Une fois pris en compte l’ensemble de ces effets, le niveau de vie des ménages retraités était de 17 500 euros et représentait 90% de celui des actifs (19 300 euros) en 2004. Le niveau de vie moyen des retraités a beaucoup augmenté entre 1970 et 1996, notamment sous l’effet de la hausse des droits à la retraite. L’écart avec le niveau de vie moyen des actifs s’est nettement réduit : le niveau de vie des retraités est passé de 62% en 1970 à 92% en 1998 par rapport à celui des actifs. Cette tendance s’est interrompue ensuite : la fin des années 1990 correspond à une conjoncture économique favorable, qui a logiquement profité davantage aux actifs qu’aux retraités. En outre, les données ne sont disponibles que jusqu’en 2004 : les effets de la réforme des retraites de 2003, entrée en vigueur en 2004, restent à venir.

L’amélioration relative du niveau de vie des retraités a surtout eu lieu pour les plus faibles revenus : les 10% de retraités les plus modestes ont un revenu moyen maintenant plus élevé que celui des 10% d’actifs les plus modestes. En conséquence, le taux de pauvreté des retraités (au seuil de 50%) est aujourd’hui deux fois plus faible que pour l’ensemble de la population : il est de l’ordre de 3% pour les retraités (soit environ 500 000 personnes) et de 6% pour l’ensemble de la population. Il a chuté depuis 1970, date à laquelle il dépassait 20%.

Frédérique Nortier


1 Retraités nés en France et bénéficiaires d’au moins un avantage de droit direct versé par un régime de base. Sont exclus de l’étude près de 600 000 retraités (environ 4%), pour l’essentiel des femmes n’ayant jamais travaillé et percevant uniquement des avantages de réversion (droits dérivés).


2 Indice des prix à la consommation.


3 Source : Insee, Comptabilité nationale. Ce chiffre est obtenu par la division entre les salaires bruts perçus (y compris rémunérations des indépendants) et le nombre de personnes en emploi.


Le minimum vieillesse

Le minimum vieillesse est une allocation versée sous condition de ressources qui peut être attribuée à toute personne âgée de 65 ans et plus (60 ans en cas d’inaptitude au travail) et résidant en France. Son montant était de 7 537,29 euros par an pour une personne seule au 1er janvier 2008 et de 13 521,27 euros pour un couple. Depuis le 1er janvier 2007, le minimum vieillesse qui était auparavant composé de deux niveaux a été remplacé pour les nouveaux bénéficiaires par l’allocation de solidarité aux personnes âgées, prestation unique et différentielle. L’ensemble de ces prestations est financé par le Fonds de Solidarité Vieillesse.
Au 31 décembre 2005, 622 000 personnes percevaient cette allocation. Depuis 1959, ce chiffre a constamment diminué en raison de l’amélioration progressive des retraites. Cette diminution a cependant été moindre en 2004 et 2005 (-2%) que les années précédentes (-5%).
La population des bénéficiaires du minimum vieillesse est très âgée et essentiellement féminine. Elle est composée en grande partie de personnes isolées (veuves, célibataires ou divorcées) et d’anciens agriculteurs.

Vers le haut